Depuis 2003, le cabinet de conseil AT Kearney publie chaque année un Index mondial de la délocalisation, établissant un classement des 50 premiers pays d’accueil. La version 2011, qui vient de paraître, révèle une attractivité croissante des pays baltes qui ont réduit les salaires suite à la crise. Cependant, Chine, Inde et Malaisie restent premiers du classement. Tandis que l’Egypte grimpe à la 4e place.
Toutefois, l’Inde, la Chine et la Malaisie conservent les trois premières places de l’index depuis sa création. La crise n’a pas affecté leur classement.
Tandis que l’Afrique du Nord et le Moyen Orient sont devenues depuis quelques années des régions privilégiées pour les délocalisations européennes, proches et possédant une main d’oeuvre qualifiée moins chère. Du coup, l’Afrique du Nord a éclipsé cette année plusieurs pays de l’Est. L’Egypte est ainsi devenue le quatrième pays d’accueil des activités externalisées, pour ses salaires, sa réserve de talents et l’alignement de son industrie sur les normes internationales. Mais l’incertitude politique qui affecte la région risque d’entraîner des conséquences à long terme.
AT Kearney dresse également un constat général concernant les délocalisations: ce qui n’était qu’un phénomène émergent est en 2003 désormais considéré comme un élément stratégique parmi d’autres par les entreprises.
Désormais, ce ne sont plus seulement les industries mais également les services qui se délocalisent. Certains pays se spécialisent même dans:
Habituellement plus tournée vers l’industrie et jugée moins attractive pour les services pour des raisons de langues et de propriété intellectuelle, explique l’étude, la Chine change désormais de cap. Le gouvernement encourage le développement de centres d’appels, non seulement en anglais, mais également en coréen et en japonais. Cependant, sa force réside dans les technologies de l’information avancées, où la Chine constitue une alternative à la Russie et à l’Europe de l’Est, et dans les processus métier, où le pays peut espérer concurrencer l’Inde.
Autre nouveauté, la Chine se positionne désormais aussi sur le marche encore plus sophistiqué du KPO (knowledge process offshoring): veille de marché, collecte et reporting de données, traduction, transcription, édition, référencement naturel, etc.
L’Inde et la Chine ont par ailleurs commencé à s’allier pour étendre leur expertise, remarque AT Kearney. Ainsi, les services de consulting de l’entreprise indienne Tata se sont installés à Chengdu, en Chine.
Elsa Fayner
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