Avant, le jeune devait avoir le bac ; aujourd’hui, il a trop de diplômes. Excuse flatteuse ou ultime lubie des recruteurs ?
Par Elsa Fayner
Le diplôme reste protecteur. Et pourtant. Julien s’est vu refuser un poste en contrôle de gestion parce que « trop » diplômé d’HEC. Régis s’est entendu opposer sa thèse de droit dans un cabinet d’avocat. Quant à Eliane, ingénieure agronome, elle peine à convaincre en magasin bio.
« C’est marginal et, dans la moitié des cas, c’est une excuse pour un problème d’expérience, de caractère, ou de motivation », évalue Laurent Blanchard, chez Page Personnel, cabinet de recrutement. Et dans l’autre moitié des cas ?
Le diplômé de longue durée effraie. Tout particulièrement pour des postes « très opérationnels », précise immédiatement Laurent Blanchard :
« Les employeurs nous demandent maintenant, pour un commercial de terrain, un bac+2 ou 3, BTS ou DUT. Fini le bac+4 ou 5, qui parle systématiquement en entretien d’évoluer vers l’encadrement, le marketing ou les grands comptes, des postes pour lesquels les sociétés ont moins de besoins et recrutent plus en interne. »
Une pudeur récente puisque dans les années 1990, les entreprises en expansion « consommaient des bac+4 ou 5 » sans compter. Mais la bulle Internet a fondu et la crise financière s’est répandue.
Reste l’ambition. Une réputation qui précède le diplômé comme ses palmes. Quand il n’en trimballe pas une autre : il ne ferait que passer, même en intérim, déplore une responsable des ressources humaines d’une grande entreprise française:
La réalité est éloignée des déclarations théoriques des politiques. En effet, beaucoup de régions présentent des perspectives d’emplois durables (le fameux CDI) aux citoyens qui en sont démunis.
Certaines parties de régions constituent des déserts à ce sujet: pas de perspectives pour les diplômés, pas de perspectives pour les non-diplômés hormis les emplois précaires ou parfois non déclarés.
je te rejoins tout à fait Elsa même si parfois l’inverse se produit également en terme de demandeur employeur sur le niveau d’études des candidats : c’est un peu juste ou cela fait peur… le dilemme du recruteur vis à vis des candidats