Et voilà le travail

Chroniques de l’humain en entreprise Le blog d'Elsa Fayner

Il faut des stock-options pour tous: info ou intox? 1 commentaire

« Les services à la personne vont créer 500 000 emplois », « La France est gagnante dans la mondialisation », « Il faut des stock-options pour tous », « Privatisée, l’entreprise se développera », etc. Les journalistes économiques Hervé Nathan (Marianne, ex-Libé) et Nicolas Prissette (JDD) se sont permis de douter dans Les bobards économiques. Nous présentons leurs conclusions et nous poursuivrons cette entreprise de doute. A vos claviers, si vous voulez participer (émettre des doutes, poser des questions, participer aux réponses). Bobard n°6 – « Il faut des stock-options pour tous »

« Devrions-nous accepter une fois pour toutes que le salarié ne reçoive que le salaire qu’on veut bien lui accorder, sans référence à la richesse qu’il crée? », demande en octobre 1999 DSK à l’Assemblée nationale.

Des stock-options encouragés par l’Etat

Le Parlement va donc libéraliser les stock-options en 2000: le régime fiscal -qui permet de faire échapper les stock-options à l’impôt sur le revenu moyennant une taxe de 40% sur les plus-value- est étendu à toutes les entreprises, quels que soient leur secteur et leur âge, et surtout à leur état-major. La ruée démarre, racontent Hervé Nathan et Nicolas Prissette.

Des managers aux menottes dorées

Et modifie le rapport des managers au travail: les stock-options assurent les actionnaires que les personnes à qui ils confient leurs entreprises géreront celles-ci avec comme priorité absolue le cours de Bourse, bien avant l’emploi, les salaires, voire les investissements, puisque la rémunération principale du dirigeant viendra désormais de la différence entre le prix de l’option et le cours de Bourse.

Des dirigeants qui marquent contre leur camp

Autre problème: qui mieux que le PDG ou le DG de l’entreprise connaît le meilleur moment pour vendre l’action? C’est ce qui s’est passé à EADS en 2006. Le dirigeant était bien placé pour savoir que l’entreprise était à la veille de lourds investissements pour concevoir de nouveaux avions, et comprendre que le moment était propice pour réaliser son patrimoine. Le système des sotck-options a conduit le responsable de l’entreprise a joué contre elle.

D’ailleurs, rappellent les deux auteurs, les patrons du CAC 40, en 2007, et donc juste avant le krach des Bourses, ont multiplié les ventes d’actions et ont réalisé ensemble 66 millions d’euros de gains, cinq fois plus qu’en 2006.

Elsa Fayner

Lire aussi Partage des bénéfices : la grande illusion, Alternatives économiques, et A qui vont les profits?

Pour démonter les bobards

D’autres bobards demeurent

  • Print
  • email
  • Facebook
  • LinkedIn
  • del.icio.us
  • blogmarks
  • TwitThis
  • Wikio FR
  • BlogMemes Fr
  • Blogosphere News
  • Google Bookmarks
  • StumbleUpon

Publié dans : Bobards | À la une

le 30/05/2011, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • bac dit :

    bravo pour cette œuvre de désintoxication
    et courage pour la campagne qui s’annonce

    michel bac

Poster un commentaire

L’Etat dépensera moins en 2012 pour le travail et l’emploi. Qui récupère la mise ?

Parité et conseils d’administration

Île-de-France : des inégalités de revenus centralisées

La politique sociale qu’annonçait Nicolas Sarkozy

Ce site est hébergé par MédiaPro et propulsé par Wordpress.

Témoignez !

Votre travail vous interpelle, vous choque, vous l’avez vu évoluer et vous souhaitez le raconter, écrivez-moi, votre récit sera peut-être publié.