
Photo Cédric Faimali / collectifargos.com
Lire trois mails, faire suivre le premier, tout en décrochant le téléphone… A vouloir répondre en permanence et à changer de sujet trop souvent, le cerveau perd de ses capacités.
C’est le résultat d’une étude publiée en août 2009 par l’université de Stanford. En 2005, déjà, une étude conjointe réalisée par le King’s College de Londres et Hewlett-Packard montrait que la distraction causée par la réception de mails diminuait notre concentration et notre QI en moyenne de 10 points, soit le double de la perte due au cannabis.
Le plus préjudiciable, selon l’étude, c’est le manque de discipline dans la gestion des courriers : le besoin, quasi compulsif, de répondre à chaque message entraîne de fréquents changements de direction de notre attention, qui fatiguent notre cerveau et ralentissent son activité.
Autre effet néfaste de l’ordinateur utilisé à trop haute dose : il peut nuire au développement de notre pensée. Car la nature même de la circulation de l’information a tendance à produire des rythmes de travail saccadés, qui peuvent être intrusifs, et peu propices à la concentration.
Pas étonnant, du coup, que plus d’un salarié sur trois souffre de stress en raison de l’avalanche d’email qu’il reçoit sur son lieu de travail.
C’est la conclusion d’une étude entreprise en 2007 par des chercheurs britanniques menés par Karen Renaud, une informaticienne de l’université Glasgow, et Judith Ramsay, une psychologue de l’université Paisley, qui ont constaté que la lutte pour faire face à un déluge d’email laisse les salariés fatigués, frustrés et improductifs. Les chercheurs ont interrogé 200 employés pour comprendre comment ils réagissaient à l’afflux d’email sur leurs lieux de travail
Ainsi, 34% ont admis vérifier leur boîte à lettres électroniques toutes les 15 minutes. 64% des salariés interrogés vérifient plus d’une fois toutes les heures pour voir s’ils ont reçus un email, selon leurs dires, alors que la surveillance de leur activité montre qu’ils ont regardé leur boîte à lettres électroniques plus de 40 fois dans l’heure.
Seuls 38% des salariés interrogés se disent relativement détendus pour attendre un jour ou deux avant de répondre à un email.
À tel point que les cadres sont de plus en plus nombreux à rapporter les dossiers ardus chez eux pour pouvoir se concentrer, voire à profiter des vacances pour approfondir une réflexion.
A quand les RTT pour les neurones?
Elsa Fayner
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