Quelque 2000 couples de gérants mandataires font tourner les supérettes Petit Casino. Des commerçants au statut hybride qui ne comptent pas leurs heures. Et remplissent les poches du groupe
«Mon épicier est un type formidable!»
Chez Casino, on a le sens de la formule. Ceux qui n’ont jamais manqué, à une heure impossible, d’une plaquette de beurre ne peuvent pas comprendre. Les autres, si. Mais plus encore que pour les clients, ce sont pour les financiers du groupe que les 4000 gérants des succursales Petit Casino sont vraiment formidables. Car leur activité s’avère lucrative. L’an dernier, la branche proximité (qui comprend aussi Spar, Vival, Monoprix et les supermarchés Casino) a dégagé une marge de330 millions d’euros. Une machine à cash pour la multinationale, pas pour ses « épiciers ». Au printemps, l’un d’eux s’est invité à l’assemblée générale pour interpeller le big boss, Jean-Charles Naouri. Et alerter les petits actionnaires sur leurs conditions de travail. Hormis une trentaine de points de vente sous franchise, les 1816 supérettes Petit Casino sont toutes tenues par des couples de « gérants mandataires non salariés». Un statut hybride encadré par le Code du travail et régi par une convention collective, celle des «maisons d’alimentation à succursales », qui couvre aussi les magasins de vins Nicolas. Les gérants ne sont propriétaires ni des lieux ni des marchandises. À eux d’exploiter le magasin, moyennant commission sur les ventes. «Ce statut permet de devenir commerçant sans la moindre mise de fonds, sans les risques d’un investisseur. En cas d’échec, seul Casino perd», souligne Jean- Pierre Lanzetti, directeur général de la branche proximité. Un argument massue pour séduire les candidats. Chaque année, ils sont 5000 à prendre contact avec l’enseigne. Dans l’espoir d’avoir « leur » magasin, sans débourser un sou.
Petite rectification 10 000 Gérants, 5 000 couples…
J’ai travaillé dans cette société, et je le regrette. Je bénis ma rupture de contrat, même si elle m’occasionne une procédure juridique. Je suis libre.
Le statut de gérant mandataire, n’est pas un statut de commerçant, même si on nous oblige à ouvrir un compte pro avec le kbis de casino (illégal), ou qu’on nous force à embaucher à nos frais si besoin est, ou à payer les amendes pour hygiène ou conformité du magasin .
Etre commerçant, c’est être indépendant, c’est être libre. Etre gérants chez Casino, c’est être prisonniers.
Pressions, menaces, etc. Le lot quotidien des gérants…
Dans l’article JP LANZETTI, dit « seul Casino perd » en cas d’échec. Mais que fait-on des nombreux procès prud’hommes, des actions pour déficits incompréhensibles? des gérants jetés à la rue, pour d’obscures raisons? Comment vivre avec 1500€, enfin pardon 2000€ selon l’article, soit disant pour deux? Oui c’est vrai, il y’a le logement de fonction, oui c’est vrai, beaucoup d’avantages présentés lors des entretiens…
Mais franchement pensez vous que ce soit bien payé pour 70h par semaines, au minima?! Oui certes, gros magasin = gros chiffres d’affaires, ou pour tout vous dire, 6% du chiffre d’affaire comme commissionnement… mais cela devient rare.
Le statut de travail est un statut qui est hybride certes, mais qui est surtout illégal. Gérant mandataire non salarié?! non mais de qui se fiche-t-on? Quand vous êtes en arrêt, la Sécu vous demande des documents de salarié, quand vous demandez des infos sur les cotisations retraites, vous êtes considérés comme salarié, quand vous déposez vos documents de fin de contrat à Pôle Emploi, vous devez prouver que vous n’êtes pas commerçant et mieux, que vous êtes salarié, et que l’entreprise a cotisé pour vous, pour cela, un petit tour à l’URSSAF, vous y demandez un DADS, et hop, vous savez que vous êtes salarié.
Gérants d’une succursale Petit Casino, c’est se suicider socialement, ne plus voir personne, ne plus s’occuper de rien d’autre que de votre magasin. Vous n’avez même plus le temps pour vivre. Vous rentrez le soir si épuisés que faire à manger est difficile, vous êtes sous tension tout le temps, avec une direction ultra présente, et bon nombre de gérants finissent soit en maladie, soit en accident de travail. Les magasins ne sont pas aux normes la plupart du temps et demandent beaucoup de manutention.
Pour plus d’info j’invite les futurs candidats à visiter le forum gerantscasino.org beaucoup de témoignages.
Je suis gérante depuis 10 ans chez casino et je ne suis pas malheureuse au contraire.Certes nous n avons pas un gros salaire (1090 euros pour une gérance seule) mais mon mari bosse à coté alors nous avons plein d avantages.
C est grace à mon petit casino que j ai de l argent de coté,une maison de weekend,2 voitures…alors faut arrèter de critiquer…..
nous avons été gérant casino pendant 2 ans en 1985 et 1986 nous avons été forcé a démissionner alors que j’étais enceinte, a 3 semaines d accoucher, par des inspecteurs sans scrupules ainsi que des inventoristes car nous arrivions pas a faire le chiffre qu’ils voulaient. les précédents gérants en place depuis 20 ans ont eux aussi été invités a partir . certes il y a le logement mais faut voir le logement que c est.
Heureusement nous n avons pas eu de déficit après nous avons été a la Ruche méridionale, ils étaient beaucoup plus humain.
Nous étions jeunes et Casino en a profité. Maintenant cela ne se passerait pas comme cela.ils exploitent les gens beaucoup d heures pas payées cher. Le bénéfice, c’est pour eux.
tout d’abord je repondrais a lesaing quelle honte de dire cela oui certe elle touche 1090 avec un logement mais quand on pense qu’un coule touche 1400 au minimum c’est une nanti qui a droit avec son mari a un logement de fonction bien sur qu’elle est heureuse mais ce n’est pas le cas de 90% des gérant.