Aux Etats-Unis, 2009 a été une année formidable pour les entrepreneurs. Du moins, selon le Kauffman Index of Entrepreneurial Activity publié en mai par la fondation Ewing Marion Kauffman [qui œuvre à la promotion de l'entrepreneuriat].
(…) Une autre surprise vient de l’âge de ces créateurs d’entreprises. Selon le rapport, la plupart d’entre eux ont entre 33 et 44 ans. Ils sont suivis par la catégorie des 55-64 ans. Fini donc l’époque des petits prodiges de l’Internet, généralement âgés d’une vingtaine d’années. Les tempes grises prennent les rênes de la nouvelle économie des start-up. Et si vous pensiez que les plus touchés par cette terrible récession faisaient partie des minorités, vous vous trompiez. D’après ce document, l’esprit d’entreprise se renforce davantage chez les Noirs américains que chez les Blancs.
A première vue, tout cela semble plutôt curieux. D’habitude, les créations d’entreprises s’envolent durant les périodes fastes, lorsque les consommateurs ont le portefeuille bien garni et que les banques ne demandent qu’à accorder des prêts. Alors, comment expliquer qu’elles aient été si nombreuses l’année dernière ? Par le chômage, tout simplement. Privés d’un emploi salarié, des millions d’Américains n’ont pas d’autre choix que d’essayer de se vendre. « Entrepreneur » est en fait synonyme de « travailleur indépendant ».
Selon une analyse des statistiques du ministère du Travail réalisée par Challenger Gray & Christmas, une société de reclassement, les Etats-Unis comptaient 8,9 millions de travailleurs indépendants en décembre 2009, contre 8,7 millions à la même période de l’année précédente. Chez les 55-64 ans, près de 2 millions de personnes travaillaient à leur compte, soit 5 % de plus qu’en 2008. Et, pour les plus de 65 ans, la progression est de 29 %. Nombreux sont ceux qui, à l’approche de la retraite, se sont aperçus que leur plan d’épargne retraite ne valait plus grand-chose, et leur logement, plus rien. Alors, eux aussi, ils sont devenus « entrepreneurs ».
Peut-être est-ce une bonne chose. Peut-être qu’une profonde récession peut stimuler la créativité. Ces Américains sont désormais libérés du carcan bureaucratique dans lequel ils étaient enfermés. Ils peuvent maintenant laisser libre cours à leurs rêves d’innovation et découvrir le chef d’entreprise qui sommeillait en eux. Tout ce dont ils avaient besoin, c’était d’un bon coup de pied aux fesses.
Mais cette interprétation optimiste ne concerne pas les nombreuses personnes qui n’apprécient pas particulièrement d’être leur propre patron, à l’image d’une de mes connaissances que j’appellerai George.
En France, le statut d’auto-entrepreneurs est-il utilisé par les employeurs de la manière manière que le statut d’indépendant aux États-Unis?
Si vous avez des éléments de réponse (témoignages, études, chiffres), n’hésitez pas à témoigner ici.
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