Le distributeur bio allemand Alnatura, un des piliers du monde bio outre-Rhin, est au cœur d’une polémique en raison de sa politique de bas salaires. Loin d’être un cas isolé, le cas d’Alnatura montre combien l’industrie alimentaire bio allemande peine à échapper aux pratiques commerciales les plus conventionnelles.
Le coup a été donné lors de l’ouverture d’une nouvelle filiale du distributeur bio à Berlin il y a quelques jours. Le quotidien berlinois de gauche TAZ révèle alors au grand jour la pratique des bas salaires d’une entreprise affichant pourtant une solide santé financière. A Berlin, une caissière chez Alnatura est payé 9,73 euros au lieu des 13 euros prévus par la grille des salaires en vigueur dans la branche de la distribution en Allemagne, le salaire le plus bas atteignant même 7,50 euros, soit 16% en dessous du barème prévu. « La paie est mauvaise, mais l’atmosphère au travail est meilleure », entend-on dire chez les salariés d’Alnatura à Francfort, qui ne souhaitent pas faire d’autres commentaires. Précisons qu’il n’existe pas en Allemagne de salaire minimum. Syndicats et employeurs fixent eux-mêmes, lors de négociations salariales, les « Tarifverhandlungen », les grilles des salaires. Ces négociations se font branche par branche. Pour la distribution, le syndicat Verdi et le syndicat patronal HDE déterminent les barèmes censés être appliqués dans toute l’industrie.
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