Comment le plus gros constructeur automobile du monde gaspille son capital de confiance, en a pleinement conscience et ne parvient pas à réagir.
Par Marc Mousli, chercheur associé au Lipsor (Cnam-Paris) et chroniqueur régulier sur www.alternatives-economiques.fr
Près de 9 millions de véhicules rappelés, plus de 2 milliards de dollars de préjudice, une enquête fédérale aux États-Unis, et ce n’est qu’un début : les consommateurs américains s’organisent pour des « class actions » qui risquent de coûter cher à Toyota. Quelques mois seulement après être devenue le premier fabricant mondial d’automobiles, l’entreprise japonaise voit son image durement touchée et ses ventes s’effondrer. S’il est exact que la malfaçon sur la pédale d’accélérateur a provoqué plusieurs morts, l’affaire est grave. Pour un incident beaucoup moins tragique, une trace infinitésimale de benzène dans quelques bouteilles d’eau, en 1990, Perrier, fleuron de l’industrie agroalimentaire française, est passée sous le contrôle de la multinationale suisse Nestlé. Les conséquences seront probablement moins radicales pour le géant nippon : il dispose de réserves financières et d’un éventail de marques qui sauront prendre, dans leur communication, leurs distances avec la maison-mère.
Pourquoi ce gâchis ?
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