Alors que la direction de Pôle emploi vient d’entamer des négociations sur les risques psychosociaux et que le chômage explose, le malaise perdure chez les conseillers issus de l’ANPE. Logique de contrôle au détriment de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, entretiens à distance, externalisation croissante des services d’aide aux chômeurs : la fusion de l’ANPE et de l’Assedic accélère un sentiment de perte de sens généralisé.
« Mon métier ? On l’a complètement vidé de son sens. Je suis devenue une gare de triage ». Pas une trace de plainte dans la voix de Katia*, conseillère en placement Pôle emploi dans la région Toulousaine. Juste un constat amer : « Depuis la fusion, on a beaucoup perdu en qualité de travail. Je suis entrée à l’ANPE il y a dix ans pour faire de l’orientation professionnelle. Aujourd’hui je n’ai plus le temps de conseiller les demandeurs d’emploi ». Sur fond de crise et d’envolée du chômage l’année dernière (+ 18,5 % d’augmentation de demandeurs d’emploi entre novembre 2009 et décembre 2010, 2,5 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en janvier 2010), la fusion entre l’ANPE et l’Assedic passe décidément mal auprès des 48 000 agents de Pôle emploi. Mais aussi auprès des demandeurs d’emploi, perdus dans la nouvelle répartition des agences ou peinant à obtenir des réponses sur leur dossier.
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