Après la remise du rapport de Technologia sur le stress chez l’opérateur historique et après la 10ème démission d’un médecin du travail, les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Le constat est amer. Entretien avec Philippe Méric, délégué syndicat national de Sud-PTT chez France Télécom et membre du CHSCT national dans l’entreprise.
Un médecin du travail vient encore de démissionner de l’entreprise. Leur sort est-il si dur ?
Les médecins du travail de France Télécom, payés par l’entreprise, ne sont pas franchement écoutés. Et ils ne sont pas autonomes non plus. A la différence d’autres services de santé internes dans des groupes, ils sont directement rattachés à une hiérarchie locale. Autre anomalie, ils ont une part variable dans leur rémunération, comme tout salarié. Une part calculée sur les résultats financiers, alors qu’ils ne contribuent pas au business. Ce serait plus logique qu’ils aient une variable en accord avec leurs activités. En outre, on leur demande de faire du chiffre en nombre de visites. Et leurs rapports, leurs préconisations face à la souffrance restent sans suite. Aujourd’hui, c’est le 20ème médecin du travail qui part depuis deux ans et demi. Dix d’entre eux ont laissé une lettre expliquant qu’ils ne pouvaient pas exercer leur métier dans de bonnes conditions. La direction s’est engagée au printemps 2009 à en recruter pour combler le déficit interne. Il en manque quarante. Mais elle a bien du mal à y parvenir.
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