Expert CHSCT, Jean-Louis Vayssière explique comment une restructuration agit sur la santé des salariés qui ont conservé leur emploi.
La question des conditions de travail est-elle présente dans les projets de restructuration ?
Jean-Louis Vayssière. Préalablement à une réorganisation, le comité d’entreprise (CE) doit être consulté sur la dimension économique, stratégique, financière et d’emploi du projet, et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit être consulté sous l’angle des conditions de travail. Neuf fois sur dix c’est le même document, ou un document similaire, qui est remis aux deux instances. Cela signifie que les conditions de travail ne sont pas prises en compte.
Comment une restructuration agit-elle sur les conditions de travail des salariés « rescapés » d’un plan social ?
Jean-Louis Vayssière. Lors d’une restructuration les représentants du personnel ont à aborder les questions de la charge de travail, physique et mentale, de la charge de travail transférée sur d’autres salariés, de l’intensification, c’est-à-dire de l’accroissement du rythme de travail, et de la densification du travail. La densification désigne une situation où le rythme de travail du salarié ne varie pas, mais où le temps de présence au poste s’accroît. Ainsi, on observe dans beaucoup de restructurations la mise en oeuvre de ce qu’on appelle le « lean manufacturing »
Petite précision par l’auteur de l’entretien : Jean-Louis Vayssière est expert CHSCT chez Syndex. Cette précision a malheureusement sauté lors de sa publication dans l’Humanité.