Intervention du docteur Elisabeth Font-Thiney lors de la conférence « Travailler Tue », organisée le 11 juin à Aix en Venelles par la Fondation Copernic.Mais un nombre de plus en plus élevé de salariés font état de tensions entre collègues, tensions décrites comme difficiles à vivre, et attribuées à une difficulté majeure, parler du travail entre eux.
Un troisième type de plainte est communément avancé, il relève, pour bon nombre des salariés, de la conscientisation douloureuse du niveau d’infantilisation auquel ils sont assignés.
« Entre nous on ne parle plus du boulot, on se méfie de plus en plus, de tout, de tout le monde ». Les salariés évoquent comment les discussions sur le travail sont confisquées, « ils font semblant de nous demander notre avis, mais tout est déjà ficelé », et combien toute velléité de reprise de parole, voire de contestation est sévèrement réprimé (convocation devant le responsable accompagné du chef de service, du DRH etc…).
Nombre de salariés dénoncent, comme il est fréquent de l’observer, leurs conditions de travail : contraintes de temps, contraintes liées aux process et qui réduisent l’autonomie et la prise d’initiatives, rationalisations dont les logiques échappent, pressions hiérarchiques, management + ou – brutal, bilans d’évaluation vécus comme injustes, etc.
A la question que je leur pose systématiquement, et qui consiste à savoir si ils partagent avec leurs collègues de travail ces mêmes préoccupations, et si tel était le cas, comment ils arrivent à en parler ensemble ; la réponse est souvent la même : « on ne peut pas en parler ensemble parce que personne n’ose dire ce qu’il pense vraiment, on voit bien ceux qui marchent dans la combine et ceux qui traînent les pieds, mais entre nous on ne parle plus du boulot, on se méfie de plus en plus, de tout, de tout le monde ».
Lire la suite sur le site de la Fondation Copernic.
Pour aller plus loin, voir les vidéos du Forum Copernic 21 mars 2009 :
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