Sur son blog, Nouvelle donne, Pierre Larrouturou propose ses solutions pour sortir de la crise. L’occasion, pour l’économiste, qui préside La Nouvelle gauche, de propose rà nouveau la semaine de quatre jours, pour “négocier un autre partage du travail”.
Pour le moment, la mondialisation n’est pas responsable du chômage (Lire La mondialisation n’est pas coupable).
Jusqu’en mai 2008, la production industrielle réalisée sur le territoire national n’a pas cessé d’augmenter. Pourtant, selon l’INSEE, en six ans -et avant qu’éclate la crise des subprimes-, l’industrie française a perdu 476.000 emplois (Le Monde 23 février 2008).Si la production industrielle continue d’augmenter, comment expliquer que l’industrie perde 476 000 emplois en quelques années ?
Comment expliquer que, malgré sa compétitivité, la France ait plus de 3 millions de chômeurs ? Comment expliquer aussi que l’Allemagne, qui accumule les excédents commerciaux, souffre de 4 millions de chômeurs et de plus de 6 millions de salariés pauvres ?Plus de 8 millions de chômeurs pour nos deux pays et des millions de précaires alors que notre compétitivité est bonne. C’est quand même colossal.
ON VEUT UNE EXPLICATION !
Au passage, 2 témoignages récents sur la semaine de 4 jours :
Chef d’entreprise (services de comptabilité - 200 salariés):
“Les 33 Heures en 4 jours je les ai mises en place. 10 % d’embauche.
Certains (nes) ont pris le lundi, d’autres le mercredi (pour les enfants) d’autres le vendredi. Les réunions du personnel (information, formation) se faisaient le Mardi ou le Jeudi. L’encadrement parfois, si nécessaire, se réunissait un autre jour.
Certaines qui étaient en temps partiel ont sauté sur l’occasion pour prendre un temps plein avec le mercredi a la maison avec les enfants .
Quelques rares (hommes) ont ralé car ils disaient s’ennuyer a la maison ……… Sans doute avaient ils du mal a supporter leur femme ……..(là je suis moqueur, mais c’étaient les gens les plus ” fermés “, pas les plus dynamiques).
Les salaires ont été bloqués 2 ans, mais avec les économies de frais de transport et de frais de garde des enfants la plupart des salariés s’y retrouvaient.
Moins d’arrêts maladie (bon pour la sécu). Et même moins de frais de téléphone : 1/5 en moins …
Plus de productivité qui nous a fait gagner des parts de marché et améliorer les résultats et les salaires (2/3 des salariés syndiqués, cela motive un patron pour discuter).
Les discussions étaient parfois dures, mais franches et cela finissait toujours par un pot. Je savais que quand il y avait accord, cela suivait derrière.
Alors je ne comprends pas ceux qui sont contre la semaine de 4 jours par principe.
Je comprends ceux qui restent dubitatifs, car il faut l’avoir vécu pour comprendre.
Je rajoute que l’on a écarté la semaine de 4 jours et demi car cela imposait des frais de déplacement correspondant a ceux d’une semaine de 5 jours, et cela aux dépens des salariés et aussi rendait plus difficile l’organisation de la vie de famille.
De plus chacun (e) pouvait rallonger (un peu) certaines journées de travail et raccourcir d’autres. De même si l’employé souhaitait pour des raisons d’organisation du boulôt (impératifs de date), travailler 5 jours une semaine par mois (exceptionnellement 2), il le pouvait, et il récupérait ensuite bien sur, et cela lui permettait de faire face a des imprévus tant au boulot qu’à la maison. Il y avait bien sur des limites, suivant les saisons, les réunions de travail communes, mais le calendrier était prévu longtemps a l’avance, au mini 2 mois.”
Collaborateur :
“Je travaille comme freelance pour une entreprise, dont le personnel est à la semaine de quatre jours. Je peux vous dire que c’est très agréable, on sent des gens heureux de vivre! Bon, parfois il faut attendre un peu pour avoir certaines réponses, mais il n’y a pas mort d’homme!”
Plus d’infos: http://nouvellegauche.fr