Un concert de louanges ! A quelques grincheux près, le petit monde de la prévention des risques professionnels a approuvé la création d’un « véritable carnet de santé du travailleur », voté au Sénat dans le cadre du projet de loi sur le Grenelle de l’environnement.
L’intention est louable, puisqu’il s’agit de donner une base légale à l’expérimentation du futur dispositif de traçabilité des expositions professionnelles à des substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), discuté actuellement par les partenaires sociaux. Eh bien, au risque d’être définitivement classés dans les rangs des rabat-joie, nous estimons à Santé & Travail que cette initiative a tout d’une fausse bonne idée. Même entouré d’un luxe de précautions et de confidentialité, le carnet de santé risque de se retourner contre ceux qu’il est censé protéger. Et de devenir un instrument de sélection à l’emploi. Rien n’empêchera en effet un candidat de chercher à prouver à son recruteur qu’il est sain et vierge de toute exposition à des cancérogènes, pour remporter la mise. Au détriment de ceux qui ne fourniront pas le précieux sésame et qui seront disqualifiés.
Lire la suite de l’édito de François Desriaux sur le site de Santé & Travail.
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