L’Horreur économique, de Viviane Forrester : un million d’exemplaires vendus depuis 1996 ; No Logo, de Naomi Klein (2000) : un livre traduit en plus de vingt-cinq langues. Succès planétaire des documentaires de Michael Moore, manifestations «altermondialistes», germination éditoriale «alternative», auditoires mobilisés pour des milliers de réunions publiques : à considérer l’audience des analyses remettant en cause le régime économique, on se persuadait aisément qu’un vent contestataire avait balayé la Terre. Que l’adhésion des classes cultivées à l’«esprit du capitalisme», souvent décrite comme la condition de sa perpétuation, vacillait. Et qu’un public de professions intellectuelles (ou aspirant à le devenir) se portant à l’appui des classes populaires fragilisées fissurerait les murs de la Babylone libérale.
Mais de la mèche crépitante au baril de poudre, il y a eu… comme un problème. Textes, réunions, discussions, manifestations, actions : la critique radicale gagne du terrain sans que les pratiques individuelles enregistrent d’inflexion notable, ni les organisations militantes un afflux d’adhérents déterminés à renverser l’ordre social. Comme si la remise en cause de ce monde ne pouvait dépasser le stade de la bonne idée dont on ne tire aucune conséquence pratique. Qu’elle découle du discrédit de l’action politique (lire «Quand le jeu politique asphyxie le mouvement social») ou de l’absence de modèle de rechange, cette panne d’embrayage s’explique aussi par le rapport ambigu qu’entretiennent les classes moyennes éclairées avec le savoir critique.
Lire la suite de l’article de Pierre Rimbert sur le site du Monde diplomatique.
Et, dans son intégralité, dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques, pp°18-19.
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Depuis des décennies, les mines de cuivre de la Zambie attirent les entreprises des quatre coins du monde. Entre conditions de travail désastreuses et dégâts environnementaux, les Zambiens prenaient leur mal en patience, en attendant… le développement. Brutale et imprévue, la crise provoque de salutaires remises en question.
La tourmente économique touche différemment les populations, selon le niveau d’ouverture du pays, sa réglementation, sa protection sociale… Chaque mois, Le Monde diplomatique explore la réalité d’une ville moyenne, en Europe, en Asie, en Afrique ou dans les Amériques — ville industrielle, minière, touristique ou simplement résidentielle. La série s’ouvre par un reportage à Kherson, en Ukraine.
Au départ, les PTT : un puissant service public tenu d’acheminer les communications jusqu’aux villages les plus reculés. A l’arrivée, Orange, une multinationale privée de la téléphonie mobile et de l’Internet, qui veut désormais produire les messages qui y transitent. L’usager, entre-temps devenu client, a-t-il gagné au change ?
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