Étudiant en sociologie, Grégoire Philonenko a travaillé chez Carrefour, d’abord pour pouvoir poursuivre ses études puis pour en faire son métier. Après avoir été remercié, il prend du recul, et tente d’analyser les mécanismes qui font que les salariés de l’enseigne finissent par lui consacrer tout leur temps et leur santé. Il le raconte dans « Au carrefour de l’exploitation« , paru en 1997, chez Desclée de Brouwer. Remarquable.
En lisant le témoignage de Grégoire Philonenko, je me suis rendu compte que derrière l’univers positif et chatoyant des grands supermarchés, celui que l’on voit du côté des rayonnages, il y a un système d’exploitation impitoyable. L’écrasement des prix s’effectue par une pression tout aussi radicale que sur ceux qui y travaillent. C’est cette réalité que l’on découvre dans cet ouvrage. Il nous livre l’histoire d’un jeune homme honnête, sérieux, entreprenant, qui a envie de réussir et qui cherche à bien faire. Il trouve un emploi qui lui semble intéressant. Il se retrouve pris dans un système qui va le conduire à sacrifier sa vie, sa famille et sa santé. Il nous explique parfaitement ce processus de servitude volontaire [...]. Peut-on parler d’exploitation pour rendre compte de ce phénomène? [...] Il y a là un mystère. Comment peut-on accepter d’aller si loin dans le sacrifice pour la réussite de son entreprise ? Je laisse aux lecteurs découvrir les différentes facettes de ce mystère. (4e de couverture)
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