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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

200 millions de chômeurs dans le monde et un nouveau ralentissement de l’emploi 1 commentaire

«Nous sommes parvenus à un moment de vérité. Il nous reste peu de temps pour agir et éviter une rechute dramatique en matière d’emploi», explique Raymond Torres, Directeur de l’Institut international d’études sociales de l’Organisation internationale du Travail (OIT) à l’origine du nouveau «Rapport sur le travail dans le monde 2011: des marchés au service de l’emploi» (en anglais)

A la veille du sommet des dirigeants du G20, l’OIT affirme que la reprise économique mondiale qui se fait attendre commence à affecter considérablement les marchés du travail.

Cela vient s’ajouter à une situation de l’emploi déjà bien précaire, caractérisée par un chômage mondial à son plus haut niveau jamais atteint, dépassant les 200 millions de sans-emploi dans le monde.

80 millions d’emplois à créer en 2 ans

Au rythme actuel, dans les économies avancées, il faudra au moins cinq ans pour retrouver le niveau d’emploi qui prévalait avant la crise, soit un an plus tard que prévu dans le rapport de l’an dernier.

Concrètement, dans les deux prochaines années, il faudra créer 80 millions d’emplois. Or, pour l’OIT, le ralentissement récent de la croissance fait craindre que l’économie mondiale ne puisse créer que la moitié des emplois nécessaires.

Tandis que l’économie ralentit à nouveau

L’étude montre que près des deux tiers des économies avancées et la moitié des économies émergentes et développées connaissent à nouveau un ralentissement de l’emploi, plus profond, qui va retarder d’autant la reprise économique mondiale.

Le rapport cite trois raisons pour lesquelles le ralentissement économique en cours pourrait avoir des répercussions particulièrement graves sur la situation de l’emploi:

  • par rapport au début de la crise, les entreprises sont dorénavant en position de faiblesse pour conserver leur personnel,
  • alors que la pression augmente pour adopter des mesures d’austérité budgétaire, les gouvernements sont moins enclins à maintenir ou adopter de nouveaux programmes de soutien à l’emploi et au revenu,
  • les pays sont livrés à eux-mêmes pour agir, faute d’une véritable coordination politique internationale.

Troubles sociaux en vue?

Une situation qui pourrait, selon l’OIT, déclencher de nouveaux troubles sociaux dans un grand nombre de pays. La situation se trouve en effet tendue:

  • Sur 118 pays pour lesquels existent des données, 69 pays enregistrent une hausse du pourcentage de personnes faisant état d’une dégradation de leur niveau de vie en 2010 par rapport à 2006.
  • Dans les pays avancés, la croissance des profits des entreprises, hors établissements financiers, s’est traduite par une hausse substantielle des dividendes versés (36 pour cent des profits en 2009 contre 29 pour cent en 2000) et des placements financiers (de 81,2 pour cent du PNB en 1995 à 132,2 pour cent en 2007). La crise avait légèrement infléchi ces tendances qui ont repris en 2010.
  • La volatilité des prix des denrées alimentaires a doublé au cours de la période 2006-2010 par rapport aux cinq années précédentes, affectant les perspectives de travail décent dans les pays en développement. Les investisseurs financiers bénéficient davantage de cette volatilité des prix que les producteurs agricoles, en particulier les plus petits.

La modération salariale créatrice d’emploi: un mythe pour l’OIT

Les auteurs du rapport plaident en faveur du maintien et, dans certains cas, du renforcement, des programmes axés sur l’emploi, avertissant que les efforts déployés pour réduire la dette publique et les déficits ont souvent touché de manière disproportionnée le marché du travail et les mesures sociales. Par exemple, ils montrent qu’en augmentant les dépenses pour une politique active du marché du travail d’un demi pour cent du PNB seulement, on pourrait augmenter l’emploi de 0,4 à 0,8 pour cent, en fonction des pays.

Les auteurs du rapport dénoncent également l’idée que la modération salariale générerait des créations d’emplois et appellent à adopter une stratégie de relance globale tirée par les revenus.

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Le taux de chômage à 10,2% dans la zone euro, Eurostat, 31.10.2011

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Publié dans : Actualité

le 1/11/2011, par Elsa Fayner

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