Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

ÉTAT DES LIEUX 1 jeune sur 6 n’a aucun diplôme O commentaire

Qui sont les jeunes qui quittent l’école, avec quel bagage et pour quelle insertion professionnelle? C’est à ces questions que répond le Céreq avec ses enquêtes « Génération ». La dernière enquête porte sur les jeunes sortis de l’école en 2007. Premiers résultats.

Environ 739 000 jeunes sont sortis de formation initiale au cours ou à l’issue de l’année scolaire 2006-2007.

Parmi eux, un sur six n’a aucun diplôme (sortant de 3e, de 4e, etc, ou ayant échoué au bac).
Cette proportion n’évolue guère depuis le milieu des années quatre-vingt-dix alors que les décennies antérieures avaient marqué un net recul (elle a pourtant aussi un coût, qu’évalue Éric Varhaeghe dans Jusqu’ici tout va bien à plus de 6 milliards d’euros/an).

Par ailleurs, 17 % des jeunes sont sortis avec un diplôme de niveau CAP ou BEP et 23 % avec le baccalauréat comme diplôme le plus élevé.

La part des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur a augmenté d’une génération à l’autre (soit entre 2004 et 2007), passant de 41 % à 42 %. Par ailleurs, le niveau de sortie a sensiblement augmenté par rapport aux générations antérieures. Plus de 190 000 jeunes ont obtenu un diplôme de niveau licence ou supérieur, à l’issue de leur formation initiale. C’est presque 20 000 de plus que trois ans auparavant.

Des différences sexuées

Tendance ancienne et persistance, les jeunes femmes font des études plus longues que les jeunes hommes et arrivent donc sur le marché du travail un peu plus âgées en moyenne.

Les formations professionnelles restent fortement sexuées : parmi les jeunes ayant comme plus haut diplôme un CAP, un BEP, un baccalauréat professionnel ou un baccalauréat technologique, sept diplômés sur dix sont des garçons dans les spécialités industrielles, neuf diplômés sur dix sont des filles dans le tertiaire.

Une insertion plus difficile

Lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail à l’issue de leur formation initiale, les jeunes de la génération 2007 profitent d’une situation favorable sur le marché du travail. Début 2008, le taux de chômage national atteint son plus bas niveau depuis plusieurs années.

Mais à partir de 2008, la conjoncture se retourne et le marché du travail se dégrade brutalement à la suite des conséquences de la crise bancaire. La situation des jeunes sortis en 2007, interrogés trois ans plus tard, comparativement à celle de la « génération 2004 », reflète cette dégradation même si l’emploi demeure la situation nettement majoritaire.

73 % des jeunes sortis en 2007 sont en emploi trois ans plus tard et 16 % au chômage. Une situation moins favorable que pour les 3 Générations précédentes (1998, 2001, 2004). Pour les jeunes sortis en 2004, avec le même recul de trois ans, ces proportions étaient respectivement de 77 % et 13 %.

Les non diplômés subissent le plus fortement la crise

Le dispositif « Génération » confirme enquête après enquête les différences entre diplômés et non diplômés pour l’accès à l’emploi. Proportionnellement, les non diplômés subissent plus que les autres des trajectoires d’insertion difficiles. Elles sont caractérisées soit par un éloignement durable de l’emploi, soit par une alternance récurrente entre périodes de non-emploi et périodes d’emploi

De plus, les non diplômés peuvent être davantage pénalisés lorsque les diplômés sont recrutés sur des postes moins qualifiés qu’ils auraient pu occuper.

Enfin, quand les non diplômés sont en emploi, ils sont beaucoup plus souvent que les autres sur des contrats précaires, missions d’intérim et des contrats à durée déterminée.

Ces contrats sont les premiers volets de l’ajustement des employeurs en période de retournement conjoncturel. Dans ce contexte, les non diplômés sont encore les premiers à subir la crise apparue à partir de la mi-2008, beaucoup plus que les autres.

Trois ans après avoir quitté le système éducatif, en 2007, 33 % des non diplômés sont au chômage et seulement 48 % travaillent. Pour la génération sortie en 2004, ces taux étaient respectivement de 28 % et 56%.

Les diplômés du supérieur subissent nettement moins la crise

Trois ans après leur entrée dans la vie active, le taux d’emploi des diplômés du supérieur est très élevé : il oscille autour de 85 %, contre 70 % dans le secondaire et 49 % chez les non diplômés.

Cependant, trois ans de vie active, le taux d’emploi des diplômés du supérieur en 2010 est inférieur à celui des diplômés en 2007 de la génération précédente.

Pour les diplômés du supérieur, le risque de chômage diminue d’habitude avec l’ancienneté sur le marchédu travail. La crise stoppe ce mouvement.

Mais l’accès à un emploi n’est évidemment pas le seul paramètre à prendre en compte. Sans remettre en cause leurs capacités à accéder à un emploi, la crise pourrait conduire les jeunes diplômés du supérieur à
moins d’exigence sur la nature de l’emploi occupé : position, type de contrat, niveau de rémunération. Or, la qualité des emplois qu’ils occupent trois ans après leur sortie ne semble pas s’être dégradée. 72 % sont en CDI ou sont fonctionnaires. Ce chiffre était de 70 % pour la « génération 2004 ».

Ainsi, malgré la crise, la qualité de l’emploi se maintient chez les diplômés du supérieur. 80% sont cadres ou professions intermédiaires. Salaire médian: 1630 euros.

L’apprentissage constitue un tremplin efficace

Les études passées ont régulièrement souligné qu’à niveau de formation équivalent, les apprentis s’insèrent mieux que les jeunes issus de formations dispensées par voie scolaire. Les premiers résultats de l’enquête 2010 pour la « génération 2007 » confirment cette tendance générale.
Comme leurs prédécesseurs de la « génération 2004 », les jeunes de la « génération 2007 » issus de l’enseignement secondaire par voie d’apprentissage présentent un taux d’emploi de 10 points supérieur à ceux ayant suivi une formation par voie scolaire trois ans après leur sortie du système éducatif.

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Publié dans : Actualité | Insertion professionnelle

le 21/04/2011, par Elsa Fayner

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