Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Les managers n’ont pas besoin d’être aimés » : ah bon ? ! 1 commentaire

« Les bons managers […] se contentent d’avoir de l’influence, de faire avancer les choses. Ils n’ont pas besoin d’être en haut de l’affiche, d’être aimés en tant que managers. Ils savent pourquoi ils sont là et ne se sentent pas menacés par les autres. »

Ce sont les propos de la psychanalyste que j’ai interviewée, dans mon article sur la vie de bureau, « C’est qui le vrai patron ? Repérez ceux qui décident en loucedé ». Des propos qui ont vivement fait réagir certains riverains.

Les paroles de Catherine Mieg « restent en mémoire » et « indignent » Jack Sullivan. Des « formules toutes faites », juge Humanum. Des « affirmations péremptoires de la gourou de service », dénonce I.P.

« Tout le monde a besoin d’être aimé »

Marie7777 précise la critique :

« Il me semblait que tout le monde avait besoin d’être aimé, non ? Et d’avoir des “preuves d’amour”, c’est à dire de ne pas se contenter de “faire autorité” au fond du couloir et d’abattre du travail pendant que le manager officiel récolte les lauriers. »

Jack Sullivan s’appuie de son côté sur des exemples :

« Je vois autour de moi des tas de gens qui abattent un taf titanesque pour “peanuts” de résultats sur leur avancement ou leur salaire, vous croyez qu’ils ont les moyens de se dire “au fond qu’importe, moi je sais ce que je vaux” ? Un jour, à force de ne pas avoir de retour, on casse net. Il faut avoir assez d’amour-propre pour entretenir des ambitions et des perspectives, sinon on se nie, et on finit esquinté par l’amertume. »

Et le riverain d’’avancer une explication : il est difficile de distinguer ce qui ressort des deux acceptions possibles de « se faire aimer » :

« Au sens de “être populaire en tant que personne”, ou au sens de “recevoir la reconnaissance professionnelle, signe de l’appréciation de ses pairs”. Si un vrai manager peut légitimement se ficher d’être populaire (on ne pratique pas le pouvoir en restant le meilleur copain de tout le monde), je doute très fortement que l’absence de signes de reconnaissance tangibles laisse indifférent sur le long terme. »

Travaille-t-on pour être reconnu, alors ?

C’est effectivement dans le sens d’« être populaire en tant que personne » que la psychanalyste a utilisé l’expression « être aimé en tant que manager ». PaulTron apporte une explication peut-être plus concrète :

« Je pense que [la psy] n’a pas forcément tort, quand elle dit que les “managers n’ont pas besoin d’êtres aimés”. Etre aimé en entreprise, c’est souvent ne pas trancher, ne pas prendre de décision qui puisse ne pas faire l’unanimité, finalement ne pas être juste, mais simplement faussement responsable. L’essentiel est d’être juste, précis et conséquent dans ses actes. »

Le débat se déplace grâce à ces précisions. Le terme est lâché : reconnaissance. Etre reconnu, dans la polémique, devient le second synonyme d’être aimé au travail. Nombre de commentaires d’internautes vont dans ce sens. Visiblement, le sujet est lourd d’enjeux. Alors, travaille-t-on pour être reconnu ?

Lire la suite de l’article d’Elsa Fayner sur Rue89 Eco

Be Sociable, Share!

Publié dans : À la une | Actualité | Néo-management

le 11/09/2012, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • tewoz dit :

    Je trouve qu’avec les années qui passent, les managers prennent effectivement de moins en moins le temps « d’être aimé », et se contentent de jouer leur rôle de « décideur » bien souvent en dépit du bon sens, et sans explications. En découle un sentiment de grand n’importe quoi dans les équipes, de détachement par rapport aux objectifs. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti dans les différentes boites pour lesquelles j’ai bossé.

Poster un commentaire

Parité et conseils d’administration

Île-de-France : des inégalités de revenus centralisées

Ce site est hébergé par Art is code et propulsé par Wordpress.

Témoignez !

Votre travail vous interpelle, vous choque, vous l’avez vu évoluer et vous souhaitez le raconter, écrivez-moi, votre récit sera peut-être publié.